| ⬅️ Épisode précédent | 🇪🇬 Égypte | Épisode suivant ➡️ |
Abou Simbel : Ramsès II, Néfertari et notre excursion depuis Assouan
C’est le moment phare de notre voyage, le point d’orgue. S’il y a bien un lieu mythique que tout le monde attend en venant en Égypte, c’est Abou Simbel. Mais pour mériter ce face-à-face avec les géants de pierre sacrés, il faut s’armer de courage et affronter l’immensité du désert nubien.
➡️ Pour retrouver l’itinéraire complet, la carte et notre budget : notre voyage en Égypte en 10 jours.
Pourquoi Abou Simbel est incontournable
Toute la démesure et la puissance de Ramsès II face aux quatre colosses de pierre sauvés du lac Nasser, aux confins du sud de l’Égypte.
Le prix à payer pour contempler Abou Simbel commence au milieu de la nuit, à 3 h du matin précises. C’est dur, très dur, quand le réveil sonne de manière stridente dans la cabine du bateau alors qu’on dort à poings fermés. À peine le temps de réaliser où on est qu’on se retrouve installés dans notre bus. Devant nous s’ouvrent 3 heures de route en ligne droite à travers le désert noir nubien, plongé dans l’obscurité totale. Le soleil finit par se lever sur le désert, mais honnêtement, quand on émerge à une heure pareille, la priorité est de fermer les yeux pour grappiller quelques heures de sommeil avant le choc visuel.



Heureusement, l’épreuve de la route se passe étonnamment bien. Sur ce point, l’organisation de Fram s’est révélée irréprochable. Le bus était spacieux, confortable, et comme il n’était pas complet, on avait quasiment tous deux sièges pour s’étendre à notre aise. Cerise sur le gâteau : le personnel du bateau nous avait préparé des box de petit-déjeuner à emporter particulièrement copieuses pour tenir le coup jusqu’au bout du voyage.
⏱️ Le conseil ultime de l’indépendant : le véritable point noir d’Abou Simbel, pendant notre visite, était la concentration des arrivées en début de matinée. De nombreux bateaux de croisière basés à Assouan dépêchaient leurs bus sur des créneaux similaires. Résultat : des dizaines d’autocars déversaient leurs groupes sur le site presque en même temps. Si je devais refaire ce voyage, je tenterais l’expérience en autonomie, avec un chauffeur privé et une nuit dans un hôtel d’Abou Simbel. Cela permettrait de décaler les horaires de visite et, peut-être, de découvrir les temples dans une atmosphère plus calme.

La preuve par l’image : quand on a quitté le plateau aux alentours de midi, le constat était sans appel. Alors que la chaleur atteignait son paroxysme, le site s’est vidé de sa foule en quelques minutes, les bus reprenant la route. Pour nous, la mi-journée aurait été un excellent créneau pour photographier les colosses avec moins de monde, à condition de supporter la forte chaleur. L’affluence peut évidemment varier selon les jours et les saisons.
⛰️ Face aux colosses : une merveille d’éternité sauvée des eaux
Au bout de la route, la fatigue accumulée s’évapore en une fraction de seconde. Le panorama qui s’offre à nous est extraordinaire, presque irréel. On oublie instantanément les heures de route et le réveil nocturne. Là, dressés face aux reflets bleus du gigantesque lac Nasser, se détachent deux temples grandioses, entièrement taillés à même la roche de la montagne :
- 🗿 Le Grand Temple de Ramsès II : sa façade monumentale est gardée par quatre colosses assis à l’effigie du pharaon. Hauts de 20 mètres, ces géants de pierre fixent l’horizon de leur regard éternel, conçus à l’origine pour impressionner les voyageurs venus d’Afrique noire et affirmer la toute-puissance de l’Égypte.













- 👑 Le Petit Temple de Néfertari : Situé à quelques dizaines de mètres, il est dédié à sa Grande Épouse Royale ainsi qu’à la déesse Hathor. C’est un monument d’une importance symbolique rare : c’est l’une des très rares fois dans l’histoire pharaonique où les statues d’une reine sont sculptées à la même taille exacte que celles de son royal époux, soulignant la place exceptionnelle accordée à Néfertari dans ce programme monumental.
Le deuxième sauvetage du siècle : tout comme l’île de Philae, Abou Simbel a bien failli disparaître sous les eaux. Dans les années 1960, la montée des eaux liée à la construction du Haut Barrage d’Assouan menaçait les deux sanctuaires. Une vaste campagne internationale coordonnée par l’UNESCO a permis de découper les temples en blocs numérotés, de les déplacer et de les reconstruire sur un nouveau site, environ 65 mètres plus haut et 200 mètres en retrait. Ils ont été réassemblés à l’intérieur de structures artificielles qui recréent l’aspect de la montagne d’origine. Un exploit moderne qui prolonge le génie antique.
🔥 Le four de la montagne : une expérience physique étouffante
À l’extérieur, sous le soleil nubien qui grimpe à toute vitesse dans le ciel, la température devient rapidement lourde. En franchissant la porte du Grand Temple, on pénètre dans la première grande salle intérieure, et le choc est immédiat. On se retrouve encadrés par deux rangées de piliers osiriaques colossaux, où Ramsès II est représenté dans une posture associée à Osiris, dans la pénombre. On a beau avoir déjà vu plusieurs temples majeurs et les grandes pyramides du Caire depuis le début de notre voyage, on reste écrasés par cette démesure architecturale et par la puissance brute qui émane de ce lieu sacré.

Le monument s’enfonce ensuite sur une soixantaine de mètres dans la roche, jusqu’au sanctuaire situé tout au fond. Et le phénomène physique est saisissant : plus on progresse vers le fond, plus la chaleur nous semble intense et étouffante. L’air nous paraît immobile, confiné, presque chargé de l’énergie des siècles passés.
On ressort de cette exploration en nage, le souffle court, mais avec des étoiles plein les yeux. Les mots, les récits et même les photographies peinent à retranscrire la démesure et l’échelle de ce chef-d’œuvre. Regarder notre vlog associé à cet article reste le meilleur moyen de prendre la pleine mesure de ce géant du désert.
🛡️ La réalité du retour : sécurité des quais et partage improvisé
Après ces intenses émotions et les trois heures de route en sens inverse pour rentrer à Assouan, notre arrivée au point de débarquement nous a confrontés à une réalité sociale marquante. Dans nos box de petit-déjeuner du matin, il nous restait plusieurs sandwichs intacts qu’on n’avait pas mangés. À la descente du bus, des habitants se sont approchés pour nous les demander. On les a partagés spontanément : un moment simple qui remet les choses en perspective.

Cette interaction met aussi en lumière l’organisation sécuritaire que nous avons observée autour de notre zone d’embarquement. Les accès aux quais étaient contrôlés et surveillés par des agents armés ; les personnes venues vendre leurs produits ou rencontrer les voyageurs restaient de l’autre côté des grilles. Nous n’avons pas pu vérifier les raisons exactes de ces restrictions, mais la séparation était très visible ce jour-là. Une fois passés les contrôles, on retrouve la fraîcheur rassurante de notre cabine sur le MS Monica, des images de géants de pierre plein la tête.
🗺️ À suivre : épisode 11, cap sur Louxor et les temples géants de la rive est
Notre voyage touche doucement à sa fin, et le MS Monica amorce sa navigation retour vers le nord. Après avoir exploré les confins méridionaux de la Nubie et bravé le désert d’Abou Simbel, on retourne là où tout a commencé pour clore en beauté notre boucle sur le Nil. Rendez-vous dans le prochain épisode pour notre retour à Louxor, où on explorera enfin la rive est, la rive des vivants, à la découverte des complexes de Karnak et du temple de Louxor éclairé pour la nuit.
| ⬅️ Épisode précédent | 🇪🇬 Égypte | Épisode suivant ➡️ |
Les autres épisodes de la destination
- 🇪🇬 Voyage en Égypte en 10 jours — page principale
- Épisode 1 — Le Caire & Gizeh
- Épisode 2 — Grand Musée Égyptien
- Épisode 3 — Croisière sur le Nil
- Épisode 4 — Temple d’Hatchepsout
- Épisode 5 — Vallée des Rois
- Épisode 6 — Temple d’Edfou
- Épisode 7 — Temple de Kom Ombo
- Épisode 8 — Temple de Philae
- Épisode 9 — Village nubien d’Assouan
- Épisode 10 — Abou Simbel
- Épisode 11 — Karnak & bilan Égypte