Temple de Philae à Assouan : le barrage et le sanctuaire d’Isis

La navigation nous mène désormais à Assouan, la porte de l’Afrique et le point le plus au sud de notre croisière sur le Nil. C’est ici que le fleuve change radicalement de visage, se faufilant entre d’énormes blocs de granit noir polis par les éléments. L’atmosphère y est plus douce, presque tropicale. Pour cette première journée d’excursion autour de la cité d’Assouan, notre tour-opérateur nous a préparé un programme intense, mêlant ingénierie moderne, géopolitique du fleuve, passage obligatoire par l’artisanat local et découverte de l’un des sanctuaires les plus romantiques d’Égypte : le temple de Philae.

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🎬 LE VLOG DU VOYAGE

Philae, l’un des plus beaux temples d’Égypte

Embarquez pour l’île sacrée d’Isis à Assouan et laissez-vous charmer par la poésie intemporelle de ce joyau d’architecture ptolémaïque sauvé des eaux.

🌊 Le matin : le Haut Barrage d’Assouan et la question de l’eau

Notre matinée commence par la visite d’un monument d’ingénierie moderne au programme officiel : le Haut Barrage d’Assouan (Sad el-Ali). Construit dans les années 1960 avec l’aide technique de l’Union soviétique, ce géant de béton, de roche et de terre est titanesque.

Temple de Philae pendant notre visite à Assouan

L’approche du site donne immédiatement le ton : notre guide nous prévient fermement qu’il est interdit de prendre des photos avant d’être officiellement sur le barrage. Sur place, nous suivons ses consignes : il s’agit d’une infrastructure stratégique où les règles de sécurité et de photographie doivent être respectées.

Une fois sur place, la vue sur le lac Nasser — l’un des plus grands lacs artificiels au monde — est vertigineuse. On murmure que ses eaux profondes abritent encore des crocodiles du Nil. Ça m’a d’ailleurs inspiré une petite farce : j’ai sorti mon téléphone pour montrer à quelques voyageurs du groupe un zoom impressionnant d’un crocodile géant… que j’avais en réalité photographié lors de notre précédent voyage en Australie. La supercherie a rapidement été découverte, mais l’anecdote a bien fait rire tout le monde.

🌍 L’analyse du Nomad (le Nil, propriété exclusive ?) : cette visite fut aussi l’occasion d’une leçon de géopolitique mémorable de la part de notre guide. Il nous a rappelé avec ferveur que l’Égypte est le dernier pays traversé par le Nil avant la mer et combien le barrage contribue à la gestion de l’eau et à l’agriculture. En revanche, il s’est montré profondément choqué par les projets de barrages des pays situés en amont, notamment l’Éthiopie. Selon lui, le Nil appartient spirituellement à l’Égypte et les autres pays ne devraient pas y toucher. C’était son point de vue, pas un constat partagé par tous les pays du bassin : leurs besoins en eau, en énergie et en développement sont aussi au cœur du débat. Cet échange nous a fait mesurer à quel point la question de l’eau reste sensible dans la région.

🛍️ L’intermède commercial : le mystère du foulard en coton égyptien

Avant de rejoindre les sites antiques, le bus de notre circuit fait une escale commerciale programmée : la visite d’une grande boutique de coton égyptien.

Le coton local a une réputation d’excellence, grâce à la longueur de ses fibres. Sur place, on assiste à une présentation intéressante, mais la transition vers la grande salle de vente reste un aimant à touristes très balisé. Malgré tout, on s’est laissé tenter par l’achat d’un joli foulard en coton. Sur le moment, ma compagne affirmait haut et fort qu’elle n’en voulait absolument pas… mais pour la petite histoire (gardez le secret), elle a fini par me le piquer et se l’approprier pour tout le reste du voyage. C’est l’effet magique de la douceur égyptienne !

🚤 L’après-midi : la traversée animée vers le temple de Philae

Le clou du spectacle nous attend enfin en début d’après-midi. Le sanctuaire d’Isis étant entièrement situé sur une île, il faut quitter la terre ferme pour embarquer à bord de petites barques à moteur traditionnelles.

La traversée ne manque pas d’animation. Les bateliers profitent du trajet pour proposer de l’artisanat nubien et tenter de vendre des colliers. Plus surprenant encore : de jeunes enfants s’accrochent à la coque de notre embarcation en marche et se laissent traîner dans l’eau tout en chantant pour obtenir quelques pièces. Cette scène nous a déstabilisés, notamment à cause des risques évidents que cela comporte pour eux. C’est aussi une réalité dont nous voulions témoigner, au-delà des paysages de carte postale.

Au bout du trajet, l’arrivée sur l’île offre un beau spectacle. Ce qui frappe, c’est le contraste des couleurs : le bleu profond du fleuve, le vert de la végétation tropicale et la pierre ocre du temple qui se détache sous le soleil. L’ambiance y est bien plus paisible que dans les grands complexes urbains du nord du pays.

🧩 Le puzzle du siècle : un temple sauvé des eaux par l’UNESCO

Philae n’est pas seulement un chef-d’œuvre esthétique, c’est aussi le théâtre de l’une des plus grandes prouesses de sauvetage archéologique de l’histoire moderne. C’est le premier temple déplacé que nous découvrons pendant notre voyage.

🌊 L’œil du Nomad (le sauvetage de l’UNESCO) : à l’origine, ce sanctuaire ne se trouvait pas sur cette île, appelée Agilkia, mais sur l’île voisine de Philae. Après la construction du premier barrage d’Assouan au début du XXe siècle, l’île d’origine a connu des submersions répétées et le temple passait une partie de l’année sous les eaux. Avec la construction du Haut Barrage dans les années 1960, une opération internationale de sauvegarde coordonnée par l’UNESCO a été engagée : le monument a été protégé par un batardeau, démonté en blocs numérotés puis reconstruit sur l’île actuelle, aménagée pour évoquer le paysage d’origine. Une prouesse que l’on apprécie encore davantage en parcourant le site.

🪶 L’écho du passé : l’un des derniers bastions de l’Égypte antique

Le temple principal de Philae est dédié à Isis, la grande déesse mère. Ce sanctuaire a une grande importance historique : le culte des divinités égyptiennes s’y est prolongé bien après la diffusion du christianisme dans l’Empire romain, faisant de Philae l’un des derniers grands foyers de la religion traditionnelle égyptienne.

C’est sur l’un de ses murs que fut gravée, en 394 après J.-C., la dernière inscription hiéroglyphique connue et datée. L’écriture égyptienne allait ensuite être progressivement oubliée, jusqu’aux travaux de déchiffrement de Jean-François Champollion au XIXe siècle. Quant aux inscriptions laissées par les visiteurs européens, notre guide ne s’y est pas attardé : ce jour-là, son récit était principalement centré sur l’histoire égyptienne.

💡 L’avis de Nomad : faut-il faire les spectacles « Son et Lumière » ?

Lors de notre séjour à Assouan, on nous a proposé à plusieurs reprises de retourner sur les sites en soirée pour assister aux spectacles optionnels « Son et Lumière », notamment celui de Philae. Fidèles à nos habitudes de voyageurs, on a choisi de ne pas les faire. Les retours de certains membres de notre groupe nous ont ensuite confortés dans cette décision, même si nous ne pouvons évidemment pas juger le spectacle de première main.

Décors et sculptures du temple de Philae à Assouan

Pour les personnes de notre groupe qui découvraient le temple de nuit, les illuminations sur la pierre ont été appréciées. En revanche, certains de ceux qui avaient déjà visité Philae en journée ont trouvé l’expérience répétitive et la mise en scène un peu datée. Notre conseil Nomad : si votre temps ou votre budget est limité, la visite de jour permet déjà d’admirer tous les détails sculptés ; la soirée reste une option selon vos goûts.

🗺️ À suivre : épisode 9, village nubien et découverte indépendante d’Assouan

Après cette journée bien remplie, le programme de notre tour-opérateur nous laisse davantage de liberté. Rendez-vous dans le prochain épisode pour notre visite du village nubien, puis notre journée organisée en autonomie avec d’autres voyageurs entre navigation, jardin botanique et souk d’Assouan.

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