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Village nubien à Assouan : visite, souk et journée en liberté

Après les paysages monumentaux de la vallée du Nil et l’intensité des visites de la veille entre le Haut Barrage et l’île de Philae, la cité d’Assouan nous offre une vraie respiration. Ici, aux portes de la Nubie, le fleuve change totalement de visage : ses rives se parsèment d’énormes blocs de granit noirs et arrondis, polis par les millénaires, le courant semble plus paresseux, et la lumière prend une clarté différente, presque tropicale. Mais Assouan fut surtout pour nous le théâtre de deux expériences radicalement contrastées : l’une très balisée au cœur des circuits touristiques, l’autre totalement improvisée et libre.

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🎬 LE VLOG DU VOYAGE

Découvrir Assouan et le village nubien

Une escale colorée et chaleureuse au cœur des paysages de la première cataracte du Nil, à la rencontre de la culture nubienne.

🎨 Le village nubien : couleurs, navigation et tourisme organisé

L’une des excursions incontournables proposées lors de nombreuses croisières est la découverte d’un village nubien traditionnel. Pour s’y rendre, la navigation en petit bateau à moteur vaut à elle seule le détour : on serpente au milieu des îles de granit de la première cataracte, longeant de gigantesques dunes de sable jaune vif qui viennent mourir directement dans l’eau turquoise du fleuve. Un panorama à couper le souffle.

Une fois sur place, il faut être honnête : le village que nous avons visité nous a semblé très orienté vers le tourisme, avec un parcours commercial bien rodé. On aurait aimé découvrir davantage la vie quotidienne de ses habitants. Mais le charme visuel opère indéniablement : les maisons peintes aux couleurs éclatantes — bleus intenses, jaunes solaires et ocres chauds — et les ruelles sablonneuses qui grimpent vers le désert offrent un cadre particulièrement dépaysant.

Village nubien et paysages d’Assouan

Cependant, un point précis m’a particulièrement interpellé : la présence de crocodiles en captivité. Dans plusieurs maisons où notre groupe a été accueilli, ces reptiles étaient gardés dans de petites fosses intérieures pour être montrés aux voyageurs. Je suis d’ordinaire le premier à critiquer et à boycotter ces pratiques d’exploitation animale. Pourtant, je dois l’admettre : j’ai moi-même accepté de porter un jeune crocodile dans mes bras pour une photo. On en ressort avec un sentiment très partagé, entre la curiosité du moment et un vrai regret pour ces animaux.

🐊 L’œil du Nomad : on nous les présente comme les célèbres crocodiles du Nil. Revenant d’un voyage en Australie, où nous avions observé des crocodiles particulièrement impressionnants, j’ai été surpris par la taille plus modeste des spécimens montrés ici. Cela ne change rien à la question essentielle : nous avons regretté de participer, même brièvement, à une activité impliquant des animaux sauvages captifs. La répartition actuelle des crocodiles sauvages en Égypte ne peut pas se résumer à ceux que l’on voit dans les maisons touristiques : mieux vaut ne pas tirer de généralité de cette visite.

🏴‍☠️ L’anecdote Nomad : notre « excursion pirate » en autonomie totale

Le deuxième jour de notre escale à Assouan, notre tour-opérateur n’avait planifié aucune excursion officielle. Souhaitant profiter de cette journée libre, on a demandé à l’équipage du navire s’il était possible de sortir se promener en ville pour visiter le marché, les ruelles et la grande mosquée contemporaine qu’on apercevait depuis le fleuve. Leur réponse fut catégorique et alarmiste : « Oui pour le jardin botanique à la rigueur. Mais soyez très méfiants si vous allez seuls dans le souk, c’est risqué, et pour la mosquée, il est strictement impossible pour des non-musulmans de la visiter. »

C’était bien mal connaître l’esprit de Nomad View Trip et notre envie de découvrir Assouan autrement ! Le soir même, lors du dîner à bord, on a partagé cette réponse avec nos voisins de table. C’est aussi ça le bonheur de la croisière : au fil des jours, les tablées créent de vraies amitiés. Le projet était lancé : le lendemain, on organiserait notre propre sortie, en dehors du programme du bateau.

Le lendemain matin, ce n’est pas un simple couple, mais un groupe de 15 personnes qui s’est réuni discrètement sur le quai, prêt à vivre son échappée libre.

  • 🌴 L’île botanique : on a négocié directement sur les pontons la privatisation d’un petit bateau à moteur local, juste pour notre groupe de 15. Cap sur l’île Kitchener et son jardin botanique, qu’on a rejoint et exploré à notre rythme, loin de notre programme habituel de croisière.
  • 🕌 Le souk et la mosquée : au retour sur les quais, on a négocié trois calèches pour emmener toute la troupe vers le centre-ville. En discutant avec notre conducteur, celui-ci a éclaté de rire devant les interdictions annoncées à bord et nous a assuré qu’il était possible de visiter la mosquée que nous avions repérée. Une réponse bien différente des recommandations de l’équipage : nous avons décidé de vérifier directement sur place, dans le respect des règles d’accueil.

On est donc partis tous ensemble arpenter les allées colorées et animées du grand souk d’Assouan, saturées d’odeurs d’épices, avant de pousser les portes de la grande mosquée contemporaine que nous avions repérée depuis le fleuve. L’accueil y fut d’une grande bienveillance. Dans le respect des règles du lieu, les hommes ont retiré leurs chaussures et les femmes du groupe ont revêtu l’abaya et le voile prêtés à l’entrée. Découvrir cet édifice moderne tous ensemble reste l’un des souvenirs les plus forts de notre croisière sur le Nil.

⚠️ Notre déception avec la sortie en félouque

Pour terminer ce chapitre à Assouan, voici un retour d’expérience qui peut vous aider à choisir vos excursions. Notre tour-opérateur nous avait proposé, pour environ 30 € par personne selon notre souvenir, une sortie présentée comme une navigation paisible en « chaloupe traditionnelle », autrement dit en félouque. On imaginait glisser doucement sur le Nil, au gré du vent.

Pour nous, cette sortie a été une vraie déception. Le jour J, il n’y avait pas le moindre souffle de vent sur le fleuve. Au lieu de naviguer à la voile, notre embarcation a été attachée à un bateau à moteur qui l’a remorquée, ce qui a complètement changé l’ambiance attendue. Le bateau s’est ensuite arrêté au milieu du Nil pour une longue présentation de souvenirs et de colliers. Nous avons ressenti cette séquence commerciale comme insistante, alors que nous pensions avoir réservé avant tout une balade sur l’eau. Une fois la vente terminée, nous sommes rentrés au bateau.

Notre conseil : si vous rêvez d’une sortie en véritable félouque, renseignez-vous sur les conditions de navigation, le rôle éventuel d’un bateau à moteur et les arrêts commerciaux avant de payer. Vous pouvez également comparer les propositions des capitaines indépendants sur les quais, convenir clairement du prix et de la durée, et garder à l’esprit qu’une sortie à voile dépend toujours du vent. Nous aurions aimé avoir ces précisions avant de réserver.

🗺️ À suivre : épisode 10, Abou Simbel

Après nos journées à Assouan, changement d’échelle : dans le prochain épisode, départ très matinal à travers le désert nubien pour découvrir les temples d’Abou Simbel, dédiés à Ramsès II et à Néfertari. Retrouvez notre excursion à Abou Simbel.

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